Marcher sur le chemin de Compostelle produit en nous un mystérieux contraste, une lueur de différence entre le chemin de la foule et l’affleurement de l’identité individuelle. Pourquoi faut-il que ce chemin tout tracé, emprunté par des milliers de personnes avant nous, nous ouvre à notre propre chemin ? Est-ce précisément en suivant le chemin de tous que chacun se révèle à lui-même ?
Quelle ironie ! C’est un chemin tout tracé, emprunté déjà des milliers de fois depuis des siècles, qui amène à la transformation. Les pas, ces innombrables mouvements répétés à l’infini, font éclore les âmes. Et s’il s’agissait là de l’effort naturel et mesuré, de l’effort humain nécessaire et suffisant qui amène l’être humain à lui-même ? En faisant du sport, on se dépasse. En faisant de la marche, on se trouve. Les pas sont l’effort mesuré qui équilibre la tête et qui libère l’imagination. Le marcheur de Compostelle s’aide souvent d’un bâton, comme s’il fallait que trois appuis fassent un bon appui, prêt à assurer le chemin vers la nouveauté. Nouveauté sur le chemin puis nouveauté dans la tête !

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