Un bois qui parle et qui rit ! Quel merveilleux bois pour un pantin ! Des qualités aussi exceptionnelles, il fallait effectivement en faire quelque chose. Le bois se laisse former et transformer. Mais dans quel but ?
Ce bois accepte d’être transformé en pantin. Mais qu’accepte-t-il vraiment ? Certes pas la servitude liée à cette condition. Il se laisse faire, pourvu qu’on lui donne les moyens de sa liberté. Acquérir une forme est pour lui le moyen d’expérimenter et de conquérir son indépendance. Il ne veut pas que l’on tire les fils de sa destinée. C’est lui et lui seul qui ira au devant de son destin. Il fera ses propres expériences, tout seul. C’est la raison pour laquelle il prend immédiatement la fuite, sans laisser le temps à Gepetto de créer le moindre lien avec lui. Vous avez remarqué l’astuce ? Pas de lien filial, pas de lien que Gepetto pourrait tirer. Pinocchio va aller seul dans le monde et apprendra par lui-même. Gepetto est un bon charpentier, ce n’est pas encore un père. Peut-être aurait-il dû penser à créer les fils en premier. Désormais c’est trop tard. Pinocchio a déjà en lui le goût de la liberté.
