Qu’advient-il d’une société lorsqu’elle est aux mains des réformateurs ? S’ils ont un pouvoir de type absolu, qu’advient-il de ceux qui refusent le changement ? C’est la question qui se pose à propos de l’Histoire de l’Empire de Lilliput.
Dans l’Empire de Lilliput, furent rejetés ceux qui n’acceptaient pas la réforme. Les réformateurs les ont pourchassés et exclus. Ils leur ont progressivement enlevé des droits, ils les ont exclus des métiers publics. Petit à petit, les réfractaires ont été marginalisés. Contrairement à certaines idées reçues, ces traditionalistes n’ont pas eu de marge de manœuvre. Aucune possibilité de se défendre. Ils se sont sans doute rebellés, mais leur sort a été scellé par le rejet de l’ensemble de la classe dirigeante.
La guerre des Petit-Boutiens contre les Gros-Boutiens est une allégorie des Test Acts mis en place au 17e siècle en Angleterre. Il s’agissait de lois discriminatoires envers les catholiques, considérés comme non-conformistes. Les catholiques furent persécutés et pourchassés à partir du schisme anglican sous Henry VIII qui s’autoproclama « chef unique et suprême de l’Église d’Angleterre ». Les Test Acts restreignaient les droits civiques des catholiques, les excluant en particulier des emplois publics réservés aux seuls anglicans.
Une sombre histoire familiale. Henry VIII souhaitait obtenir auprès du Pape Clément VII l’annulation de son mariage avec Catherine d’Aragon. Il fit face à un refus catégorique. De cette grande déception naquit sa haine envers le Pape. Il voulut à tout prix faire scission avec Rome et fonda sa propre Église en 1534. L’Église anglicane était née. Jonathan Swift invente donc l’idée d’un petit accident au sein de la famille impériale : un neveu de l’Empereur se fait mal en cassant un œuf et c’est toute la face de l’Empire qui en est changée !
