Pour pouvoir assister au spectacle de marionnettes, Pinocchio cherche par tous les moyens à obtenir de l’argent. Il propose au garçon qui lui a lu la pancarte de lui vendre tout ce qu’il a sur le corps. Sans peut-être s’en rendre compte, il reprend l’exemple de son père qui a vendu sa pelure le matin même. Mais les vêtements de Pinocchio n’ont aucune valeur et ne conviennent qu’à lui. Ils sont invendables, le petit garçon n’en veut pas. Pinocchio ne s’avoue pas vaincu, tant l’envie le brûle d’aller assister à ce spectacle.
Une idée lui vient en tête, mais il n’ose y penser. Ce n’est pas une bonne idée. Il tergiverse. Et s’il vendait son précieux alphabet ? Cela signifierait oublier l’école pour le moment. L’envie d’assister au spectacle est trop grande. Elle le brûle. N’oublions pas que Pinocchio est fait de bois, cette envie doit donc lui faire très mal. Elle est irrépressible. Il franchit le pas et propose son alphabet au petit garçon. Celui-ci lui répond qu’il ne veut rien acheter à un petit garçon de son âge. Mais les paroles de Pinocchio ne sont pas passées inaperçues. Un camelot intervient. Il a entendu toute la conversation. Il propose à Pinocchio d’acheter son alphabet. L’affaire est conclue, Pinocchio vend son alphabet contre quelques sous pour aller assister au spectacle de marionnettes. Mais que vient-il de faire ? Il vient d’oublier sa promesse, il vient de ruiner toutes ses chances d’aller à l’école. Il vient de se défaire de l’objet qui lui était le plus précieux. En quelques mots, son destin vient de basculer. De surcroît, il vient de trahir la confiance de Gepetto. Où est passée toute la reconnaissance qu’il avait pour les efforts de son père ? A-t-il déjà oublié tous les sacrifices du pauvre homme ?
