Gepetto vit dans le plus grand dénuement. Sa maison est dépouillée de tout. C’est un semblant de foyer sans femme ni enfant. Pas de femme, pas de gardienne du feu. D’ailleurs même le feu est factice, il est simplement peint au mur. Le pauvre homme n’a que peu d’habits et presque rien à manger. On imagine mal ce qu’il pourrait offrir à Pinocchio, et pourtant…
La moindre chose est tout de même précieuse. Tout cela, on commence à le comprendre au moment où Gepetto retrouve Pinocchio affamé. Pour son propre repas, le vieil homme n’a que trois poires. Et pourtant, il les donne à Pinocchio. Comme quoi, même dans le plus grand dénuement, on peut encore se déposséder de quelques biens. Gepetto ne mangera rien et devra même éplucher les poires, à la demande de Pinocchio. Pour Gepetto, assurément, c’est le premier sacrifice d’une longue série. Gepetto juge tout de même que son pantin fait bien des manières… Pinocchio veut jeter les trognons, son créateur l’en empêche, insistant sur le fait que même les trognons de poire peuvent servir. Qui des deux a raison ? Pinocchio qui n’a aucune expérience de la vie ou Gepetto qui a déjà vécu une longue vie ? Si l’on en croit Gepetto, les choses que l’on juge bonnes à mettre au rebut auraient quand même de la valeur. La suite de l’histoire va illustrer cette idée. Juste après, Pinocchio décide qu’il doit aller à l’école. Gepetto habille Pinocchio. Il lui confectionne un petit manteau. Mais Gepetto ne peut pas tout faire de ses propres mains. Pinocchio a aussi besoin d’un alphabet. Comment faire pour en obtenir un ? Il faut de l’argent, mais malheureusement Gepetto n’en a pas. Il décide alors d’aller vendre sa vieille casaque toute élimée pour obtenir quelques sous. Même une pelure qui apparemment ne sert à rien peut finalement servir. Gepetto va réussir à l’échanger ou à la vendre contre un alphabet pour son fils. Lorsqu’il revient dans la maison, il a en main le précieux alphabet, indispensable pour pouvoir prétendre aller à l’école. On voit que Gepetto se dépouille petit à petit de tout ce qu’il possède pour le donner à son pantin et que la moindre chose peut effectivement servir. Mieux vaut garder que mettre trop vite au rebut, rappelez-vous de cela ! Le peu n’est pas le rien est un leitmotiv dans cette histoire. On l’a appris dès les premières lignes, au moment où Maître Cerise a trouvé un bois merveilleux dans un vulgaire tas de bois bon pour le feu.
