Pinocchio meurt de faim. Ses espoirs de pouvoir manger aujourd’hui sont bien minces, quand tout à coup, au milieu de détritus, il découvre un bel œuf bien rond. Cet œuf arrive à point nommé. Pinocchio va enfin pouvoir se sustenter ! Il imagine déjà la belle omelette qu’il va pouvoir se faire. Il en salive d’avance.
Pinocchio casse l’œuf. Patatras ! L’œuf ne tombe pas dans la poêle. Il s’envole. Un poussin vient de prendre son envol sous le nez de Pinocchio, devant ses yeux ! Sacrebleu ! Notre pantin était pourtant si près du but ! La désillusion est de taille ! Avec ce poussin s’envole désormais pour lui tout espoir de pouvoir se mettre quelque chose sous la dent. Et puis ce n’est pas tout. Il faut aussi subir l’affront. Nargué, Pinocchio est littéralement nargué par le poussin ! L’oiseau le remercie de l’avoir libéré de sa coquille et de lui avoir épargné des efforts pour la casser. Tout comme Gepetto, en façonnant son pantin, avait donné la liberté à l’esprit caché dans le bois, Pinocchio, sans le savoir, vient de délivrer le poussin des griffes de la coquille. Les rôles viennent de s’inverser. On connaissait Pinocchio dans le rôle de celui qui nargue, mais cette fois-ci, c’est lui qui est moqué. On peut sans doute y voir une « ironie du sort », Pinocchio subissant une situation similaire à celles qu’il a fait subir à Gepetto. Le bois dans lequel il a été formé était habité par une sorte d’esprit espiègle, le poussin qui sort de la coquille se montre insolent et méprisant.
