Il était une fois un morceau de bois… Vous êtes déçu n’est-ce pas ? Ce n’est pas bien palpitant. Que peut-on raconter à propos d’un vulgaire bout de bois ? Vous croyez que ça fait rêver les enfants ? Pas du tout ! Je dirais même, pas le moins du monde ! Et pourtant ceci est bien le début d’une nouvelle histoire.
Qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête du narrateur pour choisir un sujet pareil ? À quoi bon s’intéresser à un vulgaire bout de bois qui n’a absolument rien d’extraordinaire ? Les enfants, ce qu’ils aiment, ce sont les sujets hauts en couleur, les sujets nobles ! Mais là… on a du mal à voir ce qu’il y a d’intéressant. Un prince et une princesse par exemple, ça aurait tout de suite provoqué plus d’engouement. Et en plus, le narrateur insiste. Ce bois est extrêmement vulgaire. Ce n’est même pas du bois noble. Il ose le dire ! Il prend carrément le risque de décourager ses lecteurs dès les premières lignes. Il essaie peut-être de faire de l’anti-enchantement. Ce serait alors une double gageure ! Comment réussir ainsi à intéresser le moindre lecteur ? Et bien, je vais vous le dire. Ce bois n’est peut-être pas noble, mais peut-être bien qu’il est enchanté. On nous dit qu’il sait rire et pleurer. Alors ça ! C’est curieux ! La particularité est intéressante ! On se dit qu’il faut peut-être continuer à lire l’histoire pour savoir comment les choses peuvent tourner. Si nous rentrons dans le domaine de l’enchantement, ça peut plaire aux enfants ! Faisons confiance au narrateur. Il sait peut-être ce qu’il fait finalement. Peut-être même qu’il a une petite idée derrière la tête. C’est souvent le cas avec les narrateurs, vous avez remarqué n’est-ce pas ?
Un roman qui parle d’un personnage de basse extraction, comme c’est le cas pour ce bois, s’appelle un roman picaresque. Ce genre romanesque s’intéresse à la figure de l’antihéros, qui a des parents marginaux et de basse extraction. Nous verrons si le héros de notre histoire cherchera lui aussi, comme dans d’autres romans picaresques, à échapper à sa condition et à s’élever dans l’échelle sociale.
